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L’amour peut être franchement aveugle ou péniblement choisir de louer ou de réprimander. Si l’amour n’était qu’une seule expression, si ses mains étaient toujours ouvertes, s’il donnait sans ne jamais rien retenir, il pourrait alors exister comme sentiment sans arrière-pensée. Mais le véritable amour place une exigence suprême sur les ressources de la sagesse, car les manifestations de l’amour sont aussi variées que le besoin des humains. Si le but de l’amour était la passivité ou l’absence de conflit; si l’amour ignorait certains principes simplement pour obtenir la paix, s’il ignorait les conflits simplement pour qu’il y ait une certaine cordialité, ce ne serait pas une vertu. Ce serait un vice. Le fait que l’amour pousse quelqu’un à faire de grands sacrifices sans s’attendre à quoi que ce soit en retour; le fait que l’amour exige que l’on change une bonté – la vôtre – pour une autre, fait en sorte que c’est une manifestation très rare de la divinité. L’amour doit être prêt à embrasser ou à s’éloigner des embrassements, à donner ou à refuser de donner. L’amour entraîne des dépenses et exige que l’on soit vigilant. L’amour doit toujours se tenir aux aguets – être un équilibre délicat entre la loi et la grâce. La mesure finale de l’amour n’est pas l’émotion dont il est empreint, mais le service qu’il rend. Il y a un certain amour qui ne se trouve pas dans les bons sentiments, mais dans le prix que l’on est prêt à payer pour l’être aimé. Plutôt que de dire : « Les enfants ont besoin d’amour », nous devons définir les gestes d’amour par lesquels les enfants vont réaliser leur plus grand potentiel. Le sentiment d’amour peut nuire autant que celui de la haine. Puisque toute la loi se trouve dans ce commandement : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », être parent n’est rien de plus que l’amour en action. Mais comme la loi définit méticuleusement les expressions de l’amour, ainsi on doit définir les gestes de l’amour. 2. La sécuritéIl n’est pas seulement question de la sécurité physique – puisque parfois les parents ne peuvent pas contrôler les circonstances – mais de la sécurité de l’âme. Ce n’est pas seulement que les parents pourvoient à la nourriture, à l’hébergement et aux vêtements, mais que les enfants se rendent compte qu’ils se sont engagés à le faire. Il ne s’agit pas de ce que vous faites – il est question de l’atmosphère, de l’ambiance de la vie familiale. L’âme d’un parent est la source de cette sécurité. Les circonstances extérieures ne peuvent toucher ce lieu secret où les enfants ressentent l’amour et la bonne volonté de leurs parents. Le moral est de la plus haute importance dans les affaires, la guerre et les sports; à combien plus forte raison dans la vie d’un enfant qui cherche à jouer gagnant dans le monde? L’enfant doit être capable de dire avec assurance : « Je vaux la peine qu’on s’occupe de moi. » Cette sécurité intérieure est absolument essentielle si l’on veut que l’enfant se développe bien. Sans la paix de l’âme qui vient du fait que l’enfant sait qu’il est très précieux et qu’il y a des gens dans le monde qui se sont engagés à contribuer à son bonheur, un enfant n’a pas de fondement sur lequel il peut se tenir en grandissant. Un milieu ordonné et discipliné peut être utile, mais celui-ci n’est pas essentiel. Certains enfants vivent dans la pauvreté, sont expulsés de leur logement, se retrouvent sur le trottoir avec tous leurs biens et sont ridiculisés par leurs semblables. Toutefois, ils peuvent être riches sur le plan émotionnel. Les enfants de familles monoparentales peuvent aussi se sentir en sécurité et connaître une stabilité. Les « minorités défavorisées » n’ont pas besoin d’être désavantagées lorsqu’il s’agit de donner une sécurité émotionnelle à leurs enfants. Pourvoir aux besoins physiques d’un enfant ne suffit pas. L’enfant a besoin d’une âme généreuse, non seulement d’une main généreuse. 3. L’acceptationCela ne veut pas dire que les enfants doivent être approuvés inconditionnellement, mais si les parents ne les approuvent pas, ils n’ont pas besoin de sentir rejetés. De nos jours, c’est la philosophie « chacun pour soi » qui règne dans nos relations humaines. C’est l’idée qu’il ny a pas d’absolu. On nous dit qu’on doit permettre à l’enfant de « s’exprimer librement », ne jamais rejeter sa conduite, garder son sang-froid quel que soit son comportement. Le fruit de cette philosophie est la preuve que celle-ci est erronée. Mais la relation qui existe entre les parents et leurs enfants est différente de celle qui existe dans la société en général. C’est le devoir des parents, ainsi que leur instinct, qui les poussent à accepter leurs enfants et à prendre soin d’eux jusqu’à ce qu’ils quillent le nid. Quelle que soit la conduite des enfants, ils doivent savoir que leurs parents se sont engagés inconditionnellement à voir à leur développement. Lorsque quelqu’un trouve que notre vie est précieuse, on arrive à croire que celle-ci n’est jamais sans valeur. Lorsque quelqu’un nous pardonne, même quand on ne peut pas se pardonner soi-même, cela laisse toujours la porte du pardon ouverte. Lorsque quelqu’un nous accepte, même quand notre conduite mériterait qu’on soit rejeté par tous, cela nous pousse à agir de façon à mériter qu’on soit accepté gracieusement. 4. Le respectLes enfants sont de futurs adultes – de petites personnes. Ils ont la même sorte d’âme, les mêmes sentiments, le même orgueil, la même honte, le même désir d’être acceptés et approuvés. Les enfants aiment partager leurs opinions, leurs idées et leurs points de vue. Ils peuvent parler sans cesse, mais ce qui peut être ennuyeux pour un adulte est important pour un enfant. Un enfant a le droit de ne pas être chatouillé jusqu’au point où il a mal, et il a aussi le droit de ne pas être brutalisé simplement parce qu’il est plus petit. Pour qu’un enfant se respecte et respecte les autres, on doit aussi le respecter. Habituellement, un enfant qui ne respecte pas les autres, ni leurs droits ni leurs sentiments, c’est qu’il est en train de leur rendre la pareille. Un être humain qui ne se respecte pas est pire qu’un animal. Les enfants peuvent se sentir précieux quand les autres démontrent qu’ils le sont. (la suite dans le prochain numéro, juin 2003) Michael et Debi Pearl sont auteurs du livre To Train up a Child, disponible à l’adresse suivante :
Photo : Dina Saulnier Morin Cliquez ici pour faire connaître ce site à un ami Vers la Vie — Journal de l'Association d’Églises
Baptistes Évangéliques au Québec, Vol. 2 No 2 Hiver-printemps 2003 |