Journal en Action
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   La doctrine ou la pratique? 

Ernest Keefe 

La doctrine et la mise en pratique
« La doctrine et la mise en pratique 
sont donc tous deux essentiels 
comme les deux ailes d’un avion »
 

Il y eut aux États-Unis une rencontre de pasteurs et de professeurs qui enseignent au séminaire afin de discuter comment coopérer dans l’oeuvre du Seigneur. La rencontre s’est terminée dans un débat mouvementé. Pourquoi? Les pasteurs insistaient sur le côté pratique du ministère tandis que les professeurs ne voyaient que le côté intellectuel. En fait, les deux avaient tort.

Jésus, notre modèle, a dit aux disciples : « Enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28.20). L’enseignement va donc de pair avec la mise en pratique. Il est intéressant de noter que le mot grec traduit par « enseignement » (7 fois) est aussi traduit par le mot « doctrine » (20 fois) dans le Nouveau Testament. Pour Jésus, la doctrine et la pratique sont intimement reliées, l’une ne va pas sans l’autre.

Lors d’une visite dans une Église en difficulté, un jeune homme qui était un leader dans l’Église, m’a dit : « On n’aime pas la doctrine ici. On aime les partages. » Quelle était la cause de la crise dans l’Église? Ironiquement, c’était la fausse doctrine. En rejetant l’enseignement de la Bible, l’Église s’était éloignée de la saine doctrine. Une fois que l’Église a eu compris la doctrine biblique et l’a mise en pratique, la paix et la stabilité sont revenues. Paul nous a démontré que le zèle sans connaissance conduit aux erreurs (cf. Romains 10.2-3).

Le deuxième mot à souligner c’est le mot « OBSERVER ». Jésus, a dit que l'homme sage qui a bâti sa maison sur le roc est celui qui entend son enseignement et le met en pratique. La doctrine et la mise en pratique sont donc tous deux essentiels comme les deux ailes d’un avion. A 30,000 pieds dans les airs, on ne veut pas perdre ni l’une ni l’autre!

Certains chrétiens sont déçus que l’enseignement qu’ils reçoivent n’est que de l’étude de texte, mais sans application pratique à la vie de tous les jours. L’enseignement biblique doit s’adresser à l’intellect, mais aussi à la volonté et aux sentiments de ceux qui l’entendent. L’enseignant doit s’assurer de toucher tous ces aspects de la personne.

Mais que faire de la doctrine qui n’est pas liée à une prescription, un commandement, ou une pratique quelconque? Il faut alors reconnaître que la doctrine peut susciter l'action, mais aussi l’adoration, la foi, l’espérance, ou même le réconfort. Récemment, dans mes études sur la divinité de Jésus-Christ, j’ai lu dans un livre que les paroles de Thomas à Jésus, « Mon Seigneur et mon Dieu », dans L’Évangile de Jean, sont les mêmes mots utilisés pour s’adresser à l’Eternel (voir Ps 35:22-23) dans l’Ancien Testament grec (La Septante). Qu’est-ce que j’ai fait quand j’ai appris cette autre confirmation de la divinité de Jésus-Christ? Je l’ai adoré, là dans mon bureau, et j’ai remercié Dieu d’avoir conservé ces paroles de Thomas dans la Bible. Par ce livre théologique profond j’ai grandi ce matin-là dans ma vie chrétienne! »

En Action — Journal de l'Association d’Églises Baptistes Évangéliques au Québec, Vol. 1 No 3 Été 2002